TET - TET NGUYEN DAN

Le
Têt Nguyen Dan (la fête de la première aube de l’année),
qui annonce le Nouvel An lunaire, est la fête la plus importante
du calendrier vietnamien. Connue sous le nom de Têt, elle
représente bien plus que le Nouvel An de notre calendrier. C’est
à la fois le Nouvel An, la fête du Printemps, la fête du
renouvellement du ciel et de la terre, la fête de la nouvelle
rencontre du Yang et du Yin. Après « la nuit de l’effacement des
mauvaises habitudes », c’est un total renouveau, qui se traduit
par exemple par le port d’un costume neuf, mais cela suppose
aussi un esprit neuf, des sentiments neufs. La maison est
fleurie et décorée de bandes de papier rouge, ornées de
sentences en idéogrammes anciens. Les voeux exprimés sont les
traditionnels « trois innombrables »: Bonheur (Phuc), Prospérité
(Loc), Longévité (Tho). Les familles se rassemblent et espèrent
obtenir la chance pour l’année à venir ; les esprits des
ancêtres sont accueillis dans la maison familiale et les liens
familiaux se resserrent. Le Têt constitue également
l’anniversaire de tous les vietnamiens: le jour du
Têt,
tout le monde vieillit d’un an.
La fête tombe entre janvier et février du calendrier
occidental : sa date change chaque année du fait de la
différence entre les calendriers solaire et lunaire. Les trois
premiers jours suivant le nouvel an sont fériés, mais de
nombreux vietnamiens chôment toute la semaine. Les trois
premiers jours ont le plus d’importance. L’activité du pays est
ainsi réduite au minimum.
Au cours de la semaine précédant la fête, une visite au
cimetière s’impose pour inviter les esprits des parents morts à
participer aux célébrations. Les proches absents regagnent le
foyer familial afin que toute la famille soit réunie pour le
Têt. Les liens se resserrent pour permettre à la nouvelle année
de commencer sur de nouvelles bases, les dettes sont payées et
tout est nettoyé ou repeint.
A la première heure du
Nouvel
An, toute la famille se réunit devant l’autel pour accueillir
les Ancêtres. On leur souhaite la bienvenue, on leur fait des
offrandes et on fait éclater des pétards. Le premier jour est
consacré aux Ancêtres, le deuxième aux proches vivants et le
troisième sera de nouveau consacré aux défunts. Le septième jour
de l’année marque la cérémonie d’adieu aux ancêtres avec les
mêmes rites.
Les préparatifs débutent sept jours avant le Nouvel An (le 23
jour du 12 eme mois lunaire), lorsque les Tao Quan – les trois
esprits du foyer de chaque maison – montent aux cieux et
rapportent à l’Empereur de Jade les événements de l’année
passée. Ces dieux du foyer sont parfois décrits sous la forme
d’une seule personne, appelée Ong Tao. Le jour où les Tao Quan
montent aux cieux, ils chevauchent des poissons, on peut
observer dans tout le pays les vietnamiens lâchant trois petits
poissons (rouges) dans les rivières ou les lacs. L’autel des
ancêtres est chargé d’offrandes et de nourriture, d’un peu
d’alcool, de fleurs, de noix de bétel et des costumes de voyage
en papier d’or et d’argent des Génies du Foyer ainsi que des
trois petits poissons rouges vivants. . Ils seront ensuite
brûlés pour que les fumées parviennent au Génie. Avec cette
préparation, les vietnamiens espèrent avoir un rapport favorable
et attirer ainsi la chance pour l’année à venir.
A l’instar de la tradition occidentale de l’arbre de Noël, les
maisons vietnamiennes sont décorées d’arbres. On dresse un arbre
du Nouvel An (cay neu) pour repousser les mauvais esprits. Le
kumquat a la préférence, mais on trouve également des branches
de pêcher (dao) dans le Nord, alors que dans le Sud et le
Centre, on orne plutôt les maisons de branches d’abricotier
(mai).
Les marchés aux fleurs offrent un superbe spectacle. A Hanoi, le
quartier des rues Hang Luoc et Hang Ma se transforme en un
véritable marché de kumquats et pêchers et branches de pêcher.
Un marché très coloré de rose, vert, orange, jaune. Au cours des
jours précédents le Nouvel An, l’excitation est presque palpable
sur les marchés. Les gens se précipitent pour acheter
décorations et nourriture, des motos chargées de kumquats et de
pêchers et de branches de pêcher encombrent les rues.
A l’image des fêtes du monde entier, une grande partie des
célébrations tourne autour de la nourriture. Le plat de base du
Têt est le banh chung, de forme carrée et constitué de viande de
porc gras et de pâte de haricot entouré de riz gluant (nep). La
préparation est emballée dans des feuilles de dong vert (une
feuille ressemblant à celle du bananier) et ficelée avec des
brindilles de bambou, ce qui lui donne l’apparence d’un cadeau.
On en voit partout disposés en piles. Dans le Sud, il existe un
plat similaire de forme ronde, le banh day.
La
veille du Nouvel An, les Tao Quan reviennent sur terre. Aux
douze coups de minuit, tous les problèmes de l’année passée
s’envolent et font place à de joyeuses festivités. Tout ce qui
est bruyant est accepté, tant que cela permet d’accueillir les
dieux de retour et d’éloigner les mauvais esprits en maraude. Il
faut éviter des actions négatives qui pourraient attirer les
mauvais esprits.
De même il est crucial que le premier visiteur de la journée
soit une personne « convenable » : le visiteur idéal est un
homme, de préférence riche, marié et père de plusieurs enfants.
Si on accueille parfois volontiers des étrangers comme premiers
visiteurs, ce n’est pas toujours le cas ; mieux vaut éviter de
se présenter spontanément chez un vietnamien le premier jour du
Têt (si vous êtes invité, faites-vous préciser l’heure à
laquelle vous êtes attendu). Parmi les premiers visiteurs à
bannir se trouvent les femmes célibataires d’un certain âge, de
même que les personnes ayant perdu leur emploi ou un membre de
leur famille, ou eu un accident au cours de l’année précédente,
signes de malchance. Ces infortunés et leurs familles, parfois
mis au ban de leur communauté, doivent alors passer les fêtes du
Têt enfermés chez eux.
A Hanoi, le « co nguoi », ou échecs humains, est une activité
très pratiquée au cours des semaines suivant le
Têt.
Toutes les pièces humaines du jeu d’échecs proviennent du même
village, Lien Xa, dans la province de Ha Tay. Ce sont de beaux
jeunes gens, célibataires, n’ayant connu aucun décès dans leur
famille l’année précédente ni aucun autre signe de malchance. On
joue alors aux échecs chinois.
Hormis la veille du Nouvel An, le Têt ne donne pas lieu à des
célébrations
particulièrement tumultueuses : c’est une fête paisible et
familiale. Vous constaterez le contraste entre la frénésie des
jours précédant la fête et le calme qui lui succède.
Si vous êtes au Vietnam à cette période, n’oubliez pas de
souhaiter la bonne année :
CHUC MUNG NAM
MOI !
ce qui signifie
BONNE ANNEE !
Au
niveau de la collectivité, c’est l’occasion d’inaugurer les
nouveaux moyens de travail, que ce soit simplement la charrue du
laboureur ou une nouvelle entreprise.
Les superstitions se manifestent dès le réveil par
l’interprétation des premiers bruits : « le beuglement d"un
boeuf ou d"un buffle annonce un travail fructueux et une bonne
récolte ; le chant d"un coq n"est pas un bon présage car il
picore les grains ; le gazouillement des moineaux donne la joie
aux familles ; l"aboiement d"un chien présage la menace de
l"insécurité ; le hennissement d"un cheval est le signe de la
prospérité ; le miaulement d"un chat entraîne les maladies ; le
croassement d"un corbeau annonce la tristesse et le deuil.
Une fois levé, il va falloir s’occuper d’éloigner les mauvais
esprits en suspendant sous le toit une touffe d’armoise et en
traçant à la chaux des signes cabalistiques sur le pas de la
porte de la maison.
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