Les pensées bouddhistes
Les bouddhistes furent séduits par deux aspects particuliers à cette
religion : la promesse d'une vie après la mort et la loi des Karma.
Cette doctrine met l'accent d'une part, sur les actions individuelles
pour le salut des autres êtres, l'objectif étant la délivrance de ce
monde de souffrance pour entrer dans le néant du nirvana.
D'autre part, le moi est éphémère puisque tout être meurt pour renaître
dans un autre corps qui souffrira et renaîtra à son tour. Ce phénomène
s'appelle le Samsara brahmanique, ou cycle des réincarnations. Ce cycle
est régi par le Karma, résultat des bonnes ou mauvaises actions passées.
Les écoles de pensée bouddhique
Le Bouddha
n'a
laissé aucun écrit. Ses fidèles firent réunir ses paroles dans des
textes sacrés (sutra).
Il y eut trois écoles importantes pour le développement de la pensée
bouddhiste. La première est le Hinayana
(le " petit véhicule ", celui qu'on emprunte pour accéder au nirvana).
Elle est particulièrement répandue au Sri Lanka, en Birmanie et en
Thaïlande. Sa doctrine est contenue dans le Tripitaka (texte rédigé en
sanskrit). Le Mahayana (" grand véhicule ") est la deuxième école
influente. Elle est répandue au Nord de l'Inde, au Tibet, en Mongolie,
en Chine, en Corée, au Japon ainsi qu'au Vietnam et au Cambodge. Devenu
une religion populaire, le Mahayana procède à une sorte de déification
du Bouddha
à qui il attribue un aspect humain, divin et cosmique.
En Chine
et au Japon, l'école Mahayana s'est compartimentée en de nombreuses
sectes dont la plus connue est le Zen. Les écoles
Zen (méditation) pratiquent des activités favorisant la concentration
(cérémonie du thé, tir à l'arc, judo, jardinage, poésie, peinture) pour
mieux parvenir à l'illumination bouddhique.
Et enfin, la troisième grande école est l'école du tantra. Issue de
mahayana, le tantrisme reprend divers aspects de l'hindouisme. La
philosophie tantrique est axée sur l'examen du cosmos et l'aspect
illusoire du monde matériel. Les tibétains considèrent le Dalaï-lama
comme une réincarnation du Bouddha.
Le bouddhisme aujourd'hui
Au début de la révolution culturelle
,
en 1966, tous les monastères furent détruits ou fermés par les gardes
rouges afin d'éradiquer le Bouddhisme.
Le Tibet fut la région la plus frappée. La liberté religieuse fut
rétablie par la constitution en 1982.
Aujourd'hui, le Bouddhisme reste proche des préoccupations des laïcs par
son désir de délivrer l'humanité des luttes de la haine, de la
persécution, du racisme. Il affirme avec force son idéal de justice et
de respect de l'homme, n'hésitant pas à s'engager dans des conflits
politiques et sociaux.
Actuellement la Chine fait partie de ces nombreux Etats asiatiques qui
ont choisi la voie du socialisme athée et entrepris l'éradication de
toutes les religions. Toutefois, le Bouddhisme persiste et ne peut
s'enrayer aussi facilement.
C'est pourquoi toutes les cultures et les civilisations
extrême-orientales continuent à s'inspirer de la philosophie et des
valeurs de ce courant spirituel.
LE
TAOÏSME
Le taoïsme
( Lao Giao ou Dao Giao ) est né en Chine. On le doit à Lao Tseu ( Laozi)
ou Thai Thuong Lao Quan, surnom qui signifie, littéralement, le Vieux
Sage. Ce philosophe aurait vécu au VI e siècle av.J-C.,mais son
existence est mise en doute. L’Histoire veut pourtant que Confucius en
personne ait aimé consulter ce gardien des archives impériales.
Il est peu problable que Lao Tseu ait tenté de faire de sa philosophie
une religion. On attribue à Chang Long la responsabilité de l’avoir
officillement déclarée religion en 143 a. J-C. Plus tard, le taoïsme
s’est divisé deux, le culte des Immortels et la Voie du professeur
divin.
Comprendre le taoïsme n’a rien de facile. Cette philosophie préconise la
contemplation et la vie simple. Son idéal set de revenir au Tao ( La
Voie, le pricipe de l’univers). Seule une élite, tant en Chine qu’au
Vietnam, a été capable de saisir une telle philosophie, fondée sur
plusieurs correspondances ( Par exemple le corps humain, réplique
microcosmique du macrocosme ) et sur le am et le duong, équivalents
vienamiens du yin et du yang. Pour cette raison, Le Vietnam
compte peu de pagodes proprement taoïstes, l”essentiel de ce rituel
étant absorbé par le bouddhisme chinois et vietnamien. L’influence
taoïste que vous remarquerez sans doute en architecture, consiste à
utiliser des dragons et des démons pour décorer les toits des temples.
Selon la cosmologie taoïste, Ngoc Hoang, l’empereur de Jade, dont la
demeure est dans cieux, dirige un monde de divinités, de génies,
d’esprit et de démons dans lequel les forces de la nature sont incarnées
par des êtres surnaturels et de grands personnages historiques
divinisés. Cet aspect duu taoïsme fait partie de la vie quotidienne des
Vietnamiens sous la forme de superstitions et de croyances mystiques et
animistes. Nombre des pratiques de sorcellerie et de maigie, dont se
nourrit aujourd’hui la religion populaire, tirent leur origine du
taoïsme.
LE
CONFUCIANISME
Philosophie religieuse plutôt que religion organisée, le confucianisme (
Nho giao ou Khong Giao) a forgé le système social du Vietnam et
grandement influencé la vie quotidienne, tout comme les croyances de sa
population.
Confucius
(Khong Tu ) est né en Chine en 550 av. J-C. Il voyait en l’homme un être
formé par la société mais capable de la modifier. Il a donc élaboré un
code éthique pour guider celui-ci dans ses relations sociales. Ce code
spécifie les obligations de chacun envers sa famille, la société et l’Etat.
L’essence du confucianisme repose sur le devoir et la hiérarchie.
Selon la philosophie confucéenne, introduite au Vietnam par les chinois
lorsqu’ils régnaient sur le pays ( de 11 av. J-C. à 938), seul
l’empereur, mandaté par le Ciel pour gouverner, peut intercéder en
faveur de sa nation auprès des puissances cu Ciel et de la Terre. Seule
la vertu acquise par l’éducation donne le droit ( ou le mandat divin)
d’exercer le pouvoir politique : un manque de vertu aurait pour
conséquence le retrait de ce mandat, sanctionnant ainsi un souverain
injuste. Les désastres naturels ou les défaites sur le champ de
baitaille signifiaient la perte du mandat dinvin.
En un sens, la philosophie confucéenne était assez démocratique, la
vertu ne pouvant s’acquérir que par les études. L’éducation prenait donc
la pas sur la naissance, d’où la nécessité d’étendre le système éducatif
à une population plus large. Jusqu’au début de ce siècle, la philosophie
et les textes confucéens formaient les bases du système d’éducation
vietnamien. C’est pourquoi on a enseingné à d’innombrables générations
de jeunes gens des villages et des villes leurs devoirs envers la famile
( notamment le culte des encêtres ) et la communauté. Il était essentiel
de bien connaître sa place dans la hiérarchie sociale et de se comporter
en conséquence.
Par un système de concours d’admission, l’État sélectionnait les
meilleurs étudiants du pays et les invitait à rejoindre la classe des
mandarins, dont le pouvoir n’avait rien d’héréditaire. L’éducation
donnait alors non seulement accès à la vertu, mais permettait également
d’obtenir un avancement social et politique. Ce système éducatif
explique le grand respect des Vietnammiens pour le talent intellectuel
et littéraire, d’où sa réputation aujourd’hui encore.
En devenant concervatrices et rétrograndes, les institutions politiques
fondées sur le confucianisme ont fine par se discréditer, comme dans
toutes les régions sous influence chinoise. Cette tendance réactionnaire
a dominé au Vietnam au VX e siècle, avec des souverains despotiques qui
mettaient plus l’accent sur leurs droits divins que sur leurs
responsabilités.
LE CULTE
DES ANCÊTRES
Chez les Vietnamiens, le culte des ancêtres est l’expression rituelle de
la piété filiale (hieu). Il existait bien avant le confucianisme ou le
bouddhisme. Certains le considèrent comme une religion en soi.
Le culte des ancêtre est fondé sur la croyance que l’âme du défunt
survit après sa mort et protège ses descendants. Étant donné
l’influence que les esprits des ancêtres exercent sur la vie de chacun,
il n’est pas seulement honteux de les contrarier ou de ne pas leur
accorder le repos, mais carrément dangereux. Une âme sans descendant est
vouée à une errance éternelle, puisqu’elle ne recevra jamais aucun
hommage.
Les Vietnamiens ont coutume de vénérer et d’honorer régulièrement les
esprits de leurs ancêtres, particulièrement à l’anniversaire de leur
mort. Ils offrent ce jour-là des sacrifices au dieu da la maison et à
l’âme des ancêtres. Prières et offrandes sont alors censées apporter la
prospérité ou permettre de recouvrer la santé. Les ancêtres sont
également informés des joies et des peines de la famille, mariages,
succès aux examens ou décès. Trois choses sont nécessaires à ce culte :
la possession d’un autel familial, propriété d’un morceau de terrain
pour assurer financièrement l’ “ entretien” des ancêtres, et la
désignation d’un descendant direct masculin, qui sera chargé de
perpétuer le culte.
Dans beaucoup de pagodes se dressent des autels arborant des plaques
commémoratives et des photos de défuns. En voyant ces photos de visages
si jeunes, on se demande pourquoi la mort les a fauchés si tôt.
S’agit-il de victimes de la guerre ?
L’explication est moins triste : les images choisies ont été
sélectionnées parmi les photos de jeunesse des défuns, afin d’en
présenter une vision plus flatteuse.
LE
CAODAÏSME
Le
Caodaïsme est une religion vietnamienne qui tente de créer la religion
idéale en associant les philosophies religieuses de l’Est et de l’Ouest.
Elle a été fondée au début des années 1920 par Ngo Minh Chieu, qui
aurait reçu des “ révélations” de l’au-delà.
Aujourd’hui, cette religion compte près de deux millions de fidèles au
Vietnam. Le pittoresque quartier général du père fondateur se trouve à
Tay Ninh, à 96 km au nord-ouest d’HCM ville.
LE
BOUDDHISME HOA HAO
La secte bouddhiste Hoa Hao ( Phat Giao Hoa Hao ) est apparue dans le
delta du Mékong en 1939. Elle a été fondée par le jeune Hung Phu So,
après qu’il eut étudié les sciences occultes avec les plus éminents
spécialistes. Guéri miraculeusement d’une maladie chronique, So a
commencé à pêcher un bouddhisme réformé auprès du petit peuple, en
s’appuyant sur la foi personnelle plutôt que sur des rites. Sa
philosophie préconise la simplicité du culte et nie le besoin d’un
intermédiaire entre les êtres humains et l’Être suprême.
En 1940, les français ont essayé de réduire au silence Huynh Phu, qu’ils
appelaient le “ bonze fou”. Faute de pouvoir l’arrêter, ils l’ont envoyé
dans un asile où il s’est empressé de convertir le psychiatre vietnamien
chargé de son cas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la dynamique
secte HoaHao a formé sa propre milice grâce à des armes fournies par les
Japonais. En 1947, le Viet Minh a fini par assassiner Huynh Phu,
s’aliénant ainsi tous les membres de ce qui était devenu vune véritable
force politique et militaire dans le delta du Mékong, particulièrement
autour de Chau Doc. L’aventure militaire des Hoa Hao a pris fin en 1956
avec la décapitation publique d’un des chefs de la guérilla, capturé par
le gouvernement de Diem.Une bonne partie de l’armée Hoa Hoa a alors
rejoint le Viet-Cong.
Le bouddhisme Hoa Hao compterait actuellement 1,5 million d’adeptes.